Traverser les fêtes avec un deuil
Que la perte soit récente ou ancienne, reconnue ou minimisée, elle mérite d’être honorée.
Il n’y a pas de « petite » ou de « grande » perte. La douleur n’obéit pas à une hiérarchie.
La perte peut prendre plusieurs formes :
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Le décès d’un être cher
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Une rupture, une séparation, un divorce
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Une fausse couche, l’infertilité, une grossesse interrompue
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La perte d’un enfant
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La perte de la santé, de la mobilité
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La perte d’un emploi, d’une stabilité financière
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La perte d’un foyer, d’une routine, d’un sentiment de sécurité
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Une distance ou une rupture familiale
Peu importe la forme, le cœur ressent la même absence.
L’impact sur le couple et la famille
Le deuil peut fragiliser même les relations les plus solides.
Chaque personne vit la peine à sa façon :
l’un a besoin de parler, l’autre de se taire.
l’un cherche la présence des autres, l’autre veut se réfugier sous une couverture.
Quand les styles de deuil s’opposent, la tension peut monter :
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reproches
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incompréhensions
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fermeture émotionnelle
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silence qui s’installe
Si la peine n’est pas partagée, la distance peut s’agrandir.
Ce qui aide : rester en lien malgré la douleur
Nommer et partager ce qui est vécu
Dire « aujourd’hui, c’est plus difficile ».
Dire « je m’ennuie ».
Partager un moment inattendu de rire, même s’il surprend.
Faire de la place à toutes les émotions
Le deuil n’est pas linéaire.
On peut pleurer et rire dans la même heure.
Il n’y a rien à réparer. Juste à être présent à soi et à l’autre.
Créer des rituels de souvenir
Allumer une chandelle.
Préparer un plat aimé.
Raconter une histoire.
Créer quelque chose de nouveau, porteur de sens.
Seul ou accompagné.
Revoir les attentes
S’autoriser à simplifier.
Changer ou suspendre certaines traditions.
Dire non, sans justification.
Questions pour les couples
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Qu’est-ce qui te semble le plus difficile cette période-ci ?
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Y a-t-il une petite chose qui pourrait t’apaiser ?
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Comment puis-je te soutenir aujourd’hui ?
Soutenir une personne en deuil
Quand quelqu’un souffre, on ne sait pas toujours quoi dire.
Et c’est correct.
L’empathie, c’est être présent sans chercher à réparer.
Plutôt que :
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« Ça va passer »
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« Sois positif »
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« Le temps arrange tout »
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Essayer :
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« Je vois à quel point c’est difficile »
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« Je suis là avec toi »
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« Je ne peux pas régler la douleur, mais je ne te laisse pas seul »
Offrir un soutien concret, suivre le rythme de l’autre, respecter ses limites… c’est souvent ce qui fait le plus de bien.
En conclusion
Le deuil n’a pas de calendrier.
La vie continue autour de nous, même quand notre monde intérieur est ébranlé.
Les fêtes rendent ce contraste plus visible, mais elles n’effacent pas la douleur.
Les deux peuvent coexister.
Tu n’es pas seul.
Se relier à l’autre à ton partenaire, à une personne de confiance — sans chercher à corriger, simplement pour être entendu, peut transformer l’expérience.
Dans le couple, créer ensemble des rituels de douceur et de sens peut aider à avancer, même autrement que prévu.
Alejandra Ocampo